Je poursuis mon apprentissage et ce que je découvre est fascinant : le graffiti se traduit à travers une multitude de styles, d’influences et d’originalités.

À l’origine, le style de base reposait sur l’écriture de son blaze. Au cours des années qui vont suivre l’évolution du graffiti, les lettres ont gagné en volume, la courbe des lignes a subi des transformations et la réalisation est devenue de plus en plus élaborée.

 Dans cet article, je traite du développement du graffiti sur le plan stylistique et technique.

 

1. Block buster

 

Le style “blockbuster” apparaît au début des années 80. Il a été créé par les graffeurs BLADE et COMET 1.

C’est un style de graffiti qu’on reconnaît à la forme carrée des lettres et à son volume plus imposant

Pour réaliser ce type de graffiti, on utilise principalement deux couleurs et la pièce est réalisée à l’aide de rouleaux à peinture

Cette forme de graffiti a été créé dans le but de couvrir rapidement de grandes surfaces de wagons de trains. Elle est aussi utilisée pour masquer les travaux d’autres graffeurs.

 

2. Le bubble style

 

Le bubble style a été créé en 1972  par le graffeur PHASE 2. Il figure parmi les premiers styles de graffiti, voir l’un des plus anciens.

L’appellation de cette police de caractère désigne à elle seule l’esthétisme du lettrage ; les lettres font penser à des bulles de savon, prêtes à éclater. Elles ont une forme arrondie et subissent une mise en volume. Les lettres se chevauchent partiellement.

Le graffiti à bulles peut être réalisé en deux couleurs. Les lettres sont pulvérisées d’une couleur et on utilise une autre pour délimiter les contours. Ce qui permet de créer un contraste. Il est possible de voir ce type de graffiti réalisé avec plusieurs couleurs, ce qui donne un effet plus exubérant.

Le graffiti de type bubble letters servait à couvrir des surfaces moyennes telles qu’un store ou un camion. Bien au delà de son aspect pratique, il a joué son rôle dans le “style war” qui a marqué l’apogée du graffiti à New-York.

 

3. Throw-up

 

Le throw up est un dérivé du bubble style. Il aurait fait son apparition à partir de 1972. Aucun graffeur n’en revendique sa paternité.

Techniquement, c’est une composition basée sur l’utilisation uniquement de 2 couleurs. La couleur la plus sombre, qui peut être un noir mat, sert de contour. La deuxième couleur, plus claire, est utilisée pour le remplissage des lettres. La courbe du lettrage garde les mêmes proportions et le même tracé de style “bubble letters”. Le rendu doit être parfaitement lisible.

Le throw-up succède au bubble letter style à un moment ou le graffiti est en plein essor. Aucune rame, aucun wagon, aucun métro n’est épargné. C’est la fameuse époque où le terme de “bombing” (bombardement) va être utilisé pour décrire le phénomène. Dans cette guerre à la notoriété et à la revendication, le throw up permet de créer un graffiti de façon simple et rapide. (dès fois que la police serait dans le coin!!)

 

4. Wild style

 

Le wildstyle apparaît en 1974. Le graffeur TRACY 168 en serait le créateur. C’est aussi un style unique et complexe qui a contribué à faire passer le graffiti de simples mots griffonnés, à des œuvres d’art d’envergure admirées dans le monde entier.

Le wildstyle est une masterpiece qui utilise une surface conséquente. Les lettres sont effilées, enchevêtrées, assemblées et peintes avec une grande quantité de couleurs vives, qui diffèrent selon les artistes. Le résultat final est souvent indéchiffrable pour un œil non averti.

Le wildstyle est l’une des formes de lettrage la plus utilisée dans le graffiti. Au-delà de la technique, l’appellation de ce style de graffiti découle d’un contexte à la fois teinté de rébellion et de revendications. Rappelez-vous comme je l’ai expliqué dans l’article “qu’est-ce que le graffiti ? ”, le but des graffeurs étant d’avoir plus de notoriété, le crew de Tracy va songer à créer cette police de caractère pour transmettre une image de leur “mode de vie”.

 

5. Le 3D

 

Le style 3D marque la 3e génération de l’histoire du graffiti. Il a été inventé par Erni Vales en 1993.

Pour créer un graffiti de ce style, il faut ajouter des blocs 3D sur les côtés des lettres ou à leur base afin de leur donner du volume. Les blocs sont reliés au contour et mis en couleur.

Ce type de lettrage offre des possibilités infinies de personnalisation. Il exige de jouer sur l’ombre et la lumière pour un rendu impeccable. Le tout en utilisant les différentes tonalités d’une même couleur.

La technique 3D est une manifestation pure des valeurs Hip hop. Erni Vales a mis en œuvre le 3D pour ajouter une dimension supplémentaire au remplissage des lettres. Le côté graphique n’était pas sa seule motivation. Il fallait créer quelque chose de nouveau et de jamais vu auparavant. Et comme il le dit dans l’un de ses articles “l’essence du graffiti, c’est de toujours faire mieux. Se mettre au défi sur le plan artistique, être plus à la hauteur que n’importe qui.”

 

 

Ce qu’il faut retenir, c’est que les styles throw up, blockbusters ou bubble s’adaptent mieux pour une pratique débutante. Les autres demandent un peu plus d’expérience.

La diversité des styles de graffitis ne se limite pas à ceux mentionnés ci-dessus. Chaque graffeur peut apporter sa touche personnelle pour créer une identité artistique.